VALÈRE, ARISTE
Ah ! les affreux chemins , et le maudit pays !
(a Jriste.) Biais, de grâce, monsieur, voulez-vous bien ra'apprendre Où je puis voir Geronte?
AHISTK.
Il seroit mieux d attendre:
Ed ce moment, monsieur, il est fort occupé.
VALÈRE
Et Florise? On %iendroit, ou je suis bien trompe:
L'étiquette du lieu seroit un peu légère;
Et quand un gendre arrive, on n'a jHjint d'autre affaire.
ARISTE
Quoi ! vous êtes...
VALÈRE
Valère.
A RI s TE.
Eh quoi! surprendre ainsi!
Votre mère vouloit vous présenter ici, A ce qu'on m'a dit.
VALÈRE
Bon ! vieille cérémonie.
io6 LE MÉCHANT.
D'ailleurs je sais très bien que l'affaire est finie; Ariste a décidé... Cet Ariste, dit-on, Est aujourd'hui chez moi maître de la maison; On suit aveuglément tous les conseils qu'il donne: Ma mère est, par malheur, fort crédule, trop bonne.
ARISTE
Sur l'amitié d'Ariste, et sur sa bonne foi...
Oh! cela...
ARISTE
Doucement, cet Ariste, c'est moi.
VA lère.
Ah! monsieur...
ARISTE
Ce n'est point sur ce qui me regarde Que je me plains des traits que votre erreur hasarde. Ne me connoissant point, ne pouvant méjuger. Vous ne m'offensez pas ; mais je dois m'affliger Du ton dont vous parlez d'une mère estimable. Qui vous croit de l'esprit, un caractère aimable; Qui veut votre bonheur : voilà ses seuls défauts. Si votre cœur au fond ressemble à vos propos...
VALÈRE
Vous me faites ici les honneurs de ma mère , Je ne sais pas pourquoi ; son amitié m'est chère : Le hasard vous a fait prendre mal mes discours, Mais mon cœur la respecte et l'aimera toujours.
ARISTE
Valère , vous voilà ; ce langage est le vôtre :
Oui, le bien vous est propre ; et le mal est d'un autre
ACTF. III, SCKNK VI 107
VALKRK.
{àpmrt,) (fuiut.)
oh! voiri lesaenDoas, l'ennui!... Mais, s'il vous plaît. Ne ferïoii»-iMNtt pas birn d'aller voir où l'on est? Il ctinvienC...
Un moment : si l'amiUe sincère M lutorisc a parier au nom de votre mère, he i;race, ex|>li(|uex-moi ce \oyaj;e secret Ou'aujourd'bui même ici \ous avec de|a Fait.
V ALÉRF..
Von< iav.>7 »
A m«Tr.
Je le sais.
Ce n'est point un mystère Bien Bcrreilieui. J'avois à parler d'uue affaire Qui reganle (Meon, et m'inture&se fort; J ai voulu librement lenlretcnir tl'alKird, .*»ans être intermmpu jKir la nicre et la fille, Kt nous voir assiégés «le toute une famille. Comme il est mon ami...
A R ISTE
Lui?
.NLiis assurément.
A R I ^TF.
Vous osez l'avouer?
.Ah ! très parfaitement :
io8 LE MÉCHANT.
c'est un homme d'esprit, de bonne compagnie; Et je suis son ami de cœur et pour Ja vie. Oh ! ne l'est pas qui veut.
ARISTE
Et si l'oa vous montroit Que vous ie haïrez?
On seroit bien adroit.
ARISTE
Si l'on vous faisoit voir que ce bon air, ces grâces, Ce clinquant de l'esprit, ces trompeuses surfaces, Cachent un homme affreux, qui veut vous égarer, Et que l'on ne peut voir sans se déshonorer?
VALÈRE
C'est juger par des bruits de pédants, de commères.
ARISTE
Non , par la voix publique ; elle ne trompe guères. Géronte peut venir, et je n'ai pas le temps De vous instruire ici de tous mes sentiments; Mais il faut sur Cléon que je vous entretienne, Après quoi choisissez son commerce ou sa haine. Je sens que je vous lasse, et je m'aperçois bien , A vos distractions, que vous ne croyez rien; Mais, malgré vos mépris, votre bien seul m'occupe: 1) seroit odieux que vous fussiez sa dupe. L'unique grâce encor qu'attend mon amitié, c'est que vous n'alliez point paroître si lié Avec lui : vous verrez avec trop d'évidence Que je n'exigeois pas une vaine prudence. <)uant au ton dont il faut ici vous présenter,
ACTF m. SCKNF VI. 109
Ri^n, je crois, là-iif^-«^i<> lu* doit lu'iiKjiiifter: Vous •*« de rr*|>rit, un lifurrux caricten" . \
De roMge (lu monde, cl je crois que, |Miur plaire, VoQt tiandm plus dt> vous que des le<;ons d'aiitrui. 1
OéroDte rieot; alloiu...