‹ Chefs-d'œuvre dramatiques de Saintfoix, Gresset, et BretChapitre 94 sur 144 · ACTE I, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE II

De \os vorax là-dessus vous fondiez l'étlifice; c'est ce qui le détruit. ..

Ah! Frontin, quel supplice!

De cette àiiçnie eufin apprends-moi donc le mot.

FRONTIÎI.

Ce récit, comme vous, m'avoit rendu fort sot; Je vais vous l'expliquer. Monsieur Oqjon le |>ère Veut tm gendre qui soit au moins sexagénaire. Sa fille a la bunte de vouloir ce qti'il veut; Voilà votre congé, ce me semble.

LÉAM DRE.

Il se peut Que Dorise consente a cette extravagance^

Bon! Elle é|»ouseroit, tant elle a d'indolence. Un siècle bien complet, .\ussi que n'avez-vous Quelque vingt ans de plus? vous seriez son époux. Le [X)int essentiel, quand on veut une fille. C'est de s'accommoder au plan de sa famille; Vous avez tort, monsieur. De plus, certain grisou Bientôt pour épouser arrive en la maison : L'affaire est résolue...

O ciel ! quel coup de foudre !

Frontin, à l'oublier ne pouvant me résoudre, Il faut, ou l'arracher des mains de ce rival-, Oujntmjir...

FRONTIN

Le dessein est tant soit peu brutal.

Mourir est un parti qu'on ne doit jamais prendre. Fi donc! un seul revers doit-il vous faire rendre?

L É A N D R E , après avoir rêvé.

Non; je verrai Dorise, et je lui parlerai. Le dessein en est pris , je l'exécuterai. Amour, seconde bien ma bizarre entreprise : Tout me devient permis...

FRONTIK.

Mais sa main est promise.

L ÉAN DRE.

N'importe ; un téméraire est heureux en amour. Suis-moi...

FRONTI N.

Je m'attendois, monsieur, a ce retour; Vous êtes , je le vois, un héros de tendresse. Ce qu'on nomme prudence à vos yeux est toiblesse : Vous sortez en secret de votre garnison Pour venir à Paris sans aucune raison : Vous \ oyez en passant une fille assez belle , Si l'on veut, et d'abord vous soupirez pour elle: Vous venez vous loger dans la même maison, Nourrir par conséquent votre amoureux poison: Vous voulez aussitôt tâter du mariage , Tenter je ne sais quoi. Mais ces feux de passage N'ont pas de votre père obtenu l'agrément: Sa tendresse pour vous eu agit librement...

Suis-moi sans répliquer...

ACTK 1. SrKNK III 179

SCÈNK III

KRON 11 \ . M \i; INT

rHOJfTIM.

Ah! t« voilà, tigre««e

MARINS

Kh ! c est toi qui inr fuis. . .

Ponr aQairt- qui presse , J obéis a mon maître : il est (icM^sperr. Je ne s;us quel projet dans sa tète est entre , Il veut que je le suive ; aJieu , duejjne iiiHexible.

SCÈNF !V

Il a, ma foi, rabon.je suis nue insensible. Avec quelle rigueur j'ai traité cet amant, Qu'autrefois j'au rois plaint et servi sûrement! Je ne me conçois pas : l'hyrarn le plus bizarre , Le plus fou , le plus sot , à mes yeux se prépare; ' Et je vois de sang-froiil que f on fait le malheur D'une enfant quej'immole aussi jxir ma tiédeur. Je laime, et cependant je la vois la \iclfme D'un père qui s'arroçe un droit illégitime. Nou, ne le souffrons pas; oson>> la garantir De ce coup qui contre elle est tout prêt h partir:

i8o LA DOUBLE EXTRAVAGANCE.

Elle a trop de vertu pour n'être pas à plaindre Dans cet état affreux où l'on veut la contraindre. Comme je la connois , avec un vieux mari Elle croiroit devoir n'exister que pour lui. Cependant j'ai laissé trop avancer l'affaire , Et pour parer le coup je ne sais comment faire- Mais quelqu'un vient, rentrons...

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