‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 124 sur 321 · ANGÉLIQUE, LISETTE · texte numérisé non relu

ANGÉLIQUE, LISETTE

ANGÉLIQUE

Quoi! te voilà seule, Lisette, et tu ne viens ])a^ me troiiver? Que tu es cruelle de m'abandonnei à mes cha{]frins , et de ne pas être avec moi le plus souvent qu'il t'est possible!

LISETTE

Je ne puis pas suffire à toute la famille; c'est à qui m'aura : madame Blandineau, pour pester contre son mari ; le mari , pour se plaindre de sa femme ; madame la greffière, pour m'entretenir de son ajustement et de ses charmes; et vous, pour parler de votre amant. Voilà bien de l'occupation dans un même menace.

ANGÉLIQUE

Que mes tantes sont folles , Lisette, et que je suis malheureuse de nie trouver sans bien , sans autres parents qu'elles seules, avec autant de foiblesse dans le cœur pour un amant aussi perfide !

LISETTE

Oh ! pour moi, je ne comprends pas comme»!, depuis huit jours que nous sommes ici, vous n'avez point eu de ses nouvelles; il faut qu'il soit n\ort ou malade.

ifii LES BOURGEOISES DE QUALITI^:.

Il est pis que col.t , Lisette, il est iiieonsianf. Queli|iu;s jours avant notre- «lepart , il te souvient (|ue nous le vîmes dans ta ehan>lirc ; il s'y rendit nue heure ])lus tard que de eontuuie, il y tleuuHira beaucoup moins; il etoit <'lia{jrin, inquiet, interdit, embarrassé : il commençoit à ne me plus aimer, Lisette, et l'abscnee l'a fait m'oublier tout-à-fait.

LISETTE

Si cela est, ce sont vos tantes qui en sont cause.

KTiGlknqVE-

Que je les hais, Lisette !

LISETTE

L'une avoit assez de penchant pour lui, à hi vérité; mais elle ne vouloit pas qu il en eut jxtur vous.

ANGÉLIQUE

Oui, cela est vrai, ma tante la {^reffiùre, n'estce pas? Je crois qu'elle étoit amoureuse de lui.

LISETTE

Justement , et c'en est assez pour faire déserter un joli homme ; outre quamadame Blandineau, de son côté, qui ne veut point vous voir plus grande dame qu'elle , a fait aussi ce qu'elle a pu

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