SCÈNE III
M. DE PLINVILLE,M. DE MORINVAL.
M. DE PLIIM VI LLE
Sortez donc , je vous prie.
Mon cher, de cette sombre et morne rêverie. Votre malheur, au tond, se réduit à ce point : C'est que l'on vous a dit qu'on ne vous aimoit point. Je sens qu'un pareil coup d'abord est un peu rude ; Mais vous voilà guéri de votre incertitude.
M. DE MORINVAL.
Le beau remède!
M. DE PL IN VILLE
Enfin, il vaut mieux, Morinval, Etre d'avance instruit de ce secret fatal. Angélique, d'ailleurs, n'est pas la seule au monde : Il se peut qu'à vos soins un autre objet réponde.
IM. DE MORINVAL.
Je n'en chercherai point; j'en ferai bien le vœu.
M. DE PLI N VILLE
Tenez, s'il faut qu'ici je vous fasse un aveu, J'approuve ce dessein. Dans un champêtre asile. Vous menez une vie assez douce et tranquille ; Sur-tout, vous êtes libre : oui , peut-être, en effet, Le veuvage, après tout, est-il mieux votre fait.
M. DE .MORlNVAL.
Vos consolations m'irriteroient,je pense.
Si je n'avois déjà pris mou parti d'avance : Mais je l'ai pris; ceci ne m'a point étonné.