ACTE I, SCÈNE H, 2i
Une lettre.
JUSTINE
Allons donc ! ,
Mlle d'oRFEUIL.
Mon père... est-ce... de lui?
M. d'or F EU IL.
c'est l'oncle qui m'écrit. Je vais bien te surprendre : Dès demain en ces lieux Florville peut se rendre.
Mlle d'o R F E U I L.
Vous ne le disiez pas : vous êtes méchant. M. d'orfeuil.
Bon!
Je n'ai pas tout dit. Sache un trait plaisant... Mais non; Il sera plus prudent de t'en faire un mystère.
Mlle d'orfeuil.
Pourquoi?
M. d'orfeuil.
C'est que jamais tu ne sauras te taire. MUe d'orfeuil.
Que vous avez de moi mauvaise opinion ! Mon père, soyez siir de ma discrétion.
M. d'or feuil.
Eh mon Dieu! nous savons ce que c'est qu'une fille: Et Justîne, d'ailleurs, qui habille, babille!...
Mie o'o R F E u I l, à demi-voix.
Pour Justine, on pourroit l'éconduire, entre nous.
JUSTINE
Oh! non, je suis aussi curieuse que vous,
Et tout aussi prudente, au moins, je vous proteste ;
Ainsi je prétends bien tout entendre, et je reste.
r!i6 LES CHATEAUX EN ESPAGNE.
M"e d'or F EU IL.
Mon père, en vérité, vous êtes bien discret.
M. d'or FED IL.
Si vous me promettiez de garder le secret...
Mlle d'or F EU IL.
Ail ! je vous le promets.
JUSTINE
Je le promets de même.
M. d'orfeuil.
La chose est, voyez-vous, d'une importance extrême. Tenez.
( // tire une lettre de sa poche, et lit. )
" Mon vieux ami
( // s'interrompt. ) Que ce titre m'est cher!
Aussi notre amitié ne date pas d'hier : Je le connus...
Mlle d'orfeuil.
Pardon, voulez-vous bien permettre Que nous suivions le fil?
M. d'orfeuil.
.Ah ! oui.
( // continue de lire. ) n D'iiier matin , <> Notre jeune homme est en chemin , « Et de près il suivra ma lettre.
« Mais j'ai cru vous devoir prévenir d'un dessein o Assez bizarre, au fond , s'il faut ne rien vous taire
" De sa future il désire, entre nous, "< Observer à loisir Ihumcur, le caractère.