ACTE I, SCENE 11. mj
« Dans cette vue, il doit s'introduire chez vous « En simple voyageur, avec l'air du mystère, a Et non comme futur époux. »
J CSTINE.
Plaisante idée !
Mlle d'or FEU IL.
Et mais!... elle semble promettre...
Je ne sais quoi...
M. d'o'rfeuil, avec intention.
Pardon, voulez- vous bien permettre Que nous suivions le fil?
mUc d'orfeuil.
Ah ! j'ai tort, en effet.
M. d'o r F e u I l continue de lire. X Je suis loin d'approuver un semblal>le projet: u Mais j'ai cru cepenilant devoir vous en instruire ; « Car, prenant mon neveu pour un simple étranger, « Vous pourriez, sinon l'éconduire, « Mon cher, au moins le négliger.
« Embrassez bien pour moi votre charmante fille. « Je suivrois mon neveu, si je me portois bien. « Adieu. Derval. »
Plus bas, on lit par apostille :
<• GUrdez mieux mon secret que je ne fais le sien. »
{àsnJiUc.} Eh bien ! voilà le tour que Florville te joue.
Mlle d'orfeuil.
Il n'a rien d'offensant pour moi , je vous l'avoue : Monsieur Derval a tort de blâmer son neveu. Les époux d'à présent se connoissent trop peu. I. 19
2i8 LES CHATEAUX EN ESPAGNE.
Le projet de Florville annonce une belle ame; Et qui d'avance ainsi veut connoître sa femme Est sans doute jaloux de faire son bonheur.
M. d'orfeuil.
Je lui pardonne aussi ce tour-là de bon cœur. Qu'il t'observe de près, il en est bien le maître : Tu ne peux que gagner à te faire connoître.
JUSTINE
Mais on n'est pas fâché pourtant d'être averti.
M. d'or feuil.
De l'avis, en effet, sachons tirer parti. Il va jouer son rôle : eh bien I jouons le nôtre ; Farcissons, en effet, le prendre pour un autre. D'abord, comme il pourroit arriver dès ce soir. J'ai dit à tous mes gens de le bien recevoir. Mais sans faire semblant du tout de le connoître.
JUSTINE
Bon J'entends des chevaux : c'est Flon-ille, peut-étn