ACTE I, SCENE X. 23i
M. d'orLANGE.
Mon air
Les étonne.
M. DORFEUIL
Fort bien.
Un moment ils se taisent.
L'un d'eu.^ enfin me dit : « Les braves gens nous plaisent. « L'argent, nous le gardons; nous en avons besoin : « Mais attaquer vos jours? nous en sommes bien loin. « Venez, nous vous servons et de guide et d'escorte. • Ils m'ont tenu parole, et jusqu'à votre porte Ils m'ont suivi. Voilà ce qui m'est arrivé. M. d'orfeuil.
{ à part. ) Le récit est piquant. On ne peut mieux trouvé.
( haut. ) Monsieur, vous m'avez f air d'un digne et galant homme. Et... de grâce, peut-on savoir comme on vous nomme?
M. d'orla.nge.
D'Orlange.
M. d'orfeuil.
Bon. Monsieur d'Orlange, allons, venez.
Ma fille avec plaisir vous verra.
M. d'or LANGE.
Pardonnez, Si je suis indiscret. Vous n'avez qu'une fille?
M. d'oRFEUIL.
Une seule, monsieur: c'est toute ma famille, Ma seule joie; aussi je l'aime uniquement.
M. d'or LANGE.
Et vous êtes payé d'un tendre attachement, Sans doute?
M. d'orfeuil.
Je le crois. Elle est sensible , aimante. Ce sera, je l'espère, une femme charmante. Il ne m'appartient pas, monsieur, de la louer; Henriette est aimable , il le faut avouer.
M. DORLANGE.
Mais ce sera pour vous une peine cruelle. Lorsqu'un jour il faudra que vous vous priviez d'elle'
M. d'orfeoil.
Je voudrois que mon gendre ici pût demeurer. Mais , s'il faut de ma fille enfin me séparer. Je saurai me résoudre à cette perte affreuse: Je m'en consolerai, si ma fille est heureuse, Et si son mari l'aime...
M. d'orlaxge.
Eh quoi ! vous en doutez?
J'en répondrois pour lui.
M. d'orfeuil.
Vous me le promettez?
M. u'orlange.
Assurément.
M. d'orfeuil.
Fort bien. Vous allez la connoitre ; Venez.