ACTE II, SCENE X a
M. DE FLORVILLE, à part.
Quel est ce zèle extrême ?
M. d'or LANGE.
Nous sommes bien tombés, monsieur, eii %érité.
M. DE FLORVILLE
Oui!
M. d'orlaxge.
Notre hôte est d'un coeur! sur-tout d'une gaieté! Sur ma foi, vous serci ravi de le connoitre.
M. DE FLORVl lle.
C'est a;sez, en un soir, d'un étranger peut-être.
M. d'orlange.
Vous ne connoissez pas le maître de ces lieux, Je le \ois
M. DE FLORVILLE
Voussemblez le connoitre un peu mieux.
M. d'orlange.
Qui ? moi ! j'arrive aussi. Compagnons d'infortune, La consolation à tous deux est commune.
M. DE FLORVILLE
Je ne me flatte point d'avoir le même accueil.
Comme moi , vous plairez dès le premier coup d'œil.
M. de FLORVILLE.
A cet espoir flatteur, allons , je m'abandonne.
M. d'orlange.
J'en réponds. Vous verrez une jeune personne !.. C'est sa fille.
M. DE FLORVILLE
J'entends.
26o LES CHATEAUX EN ESPAGNE.
M. d'or LANGE.
ChcU'maute. Sa beauté Peu commune est encor sa moindre qualité. C'est un air, uu maintien qui d'al)ord vous enclianle; C'est dans tous ses discours une {^race touchante, Qui m'a ravi d'abord.
M. DE FLOKVILLE.
Oui, je vois en effet...
M. d'orlange.
D'honneur ! je ne sais pas comment cela s'est fait. De mon premier abord elle a paru charmée : Par deijre-... que dirai-je? elle s'est animée. j;lle a beaucoup d'esprit, de sensibilité. Moi, j'ai de l'abandon , de la franche gaieté : Quand on sent que l'on plaît, on en est plus aimable. Mon hommage, en un mot, lui seroit agréable, Ou je me trompe fort.
M. DE FL OR VILLE
Mais vraiment, je le crois.
Vous la voyez ce soir pour la première fois?
Sans doute.
M. de florville, d part.
Tout ceci cache- t-il un mystère?
{haut.) Et... comptez-vous, monsieur, suivre un peu cette affaire?
M. d'orlange.
Je le voudrois ; mais quoi ! je ne puis : dès demain , Il faudra, vers Paris, poursuivre mon chemin.