‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 2 sur 240 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

FLORIMOND, en uniforme; CRISPIN.

FLORIMOXD.

Je te revois enfin, superbe capitale!

Que d'objets enchanteur» à mes yeux elle étale ! De l'absence, Crispin, admirable pouvoir! Pour la première fois il me semble la voir.

CRISPIN

Je le crois. Mais, monsieur, quelle affaire soudaine De Brest, comme un éclair, à Paris nous amène?

D'honneur, jamais Paris ne me parut si beau. Quelle variété! c'est un mouvant tableau. L'ail ravi, promené de spectacle en spectacle, De l'art, à chaque pas, voit un nou\eau miracle.

CRISPIN

H est vrai. Mais ne puis-je apprendre la raison Qui vous a fait ainsi laisser la garnison?

FLORIMOND

La garnison, Crispiu ! je quitte le service.

CUISPIN.

Vous quittez? Quoi ! monsieur, par un nouveau caprice..

FLOP. I MOND.

Je suis vraiment surpris d'avoir, un mois entier. Pu supporter l'ennui d'un si triste métier.

CRISPIN

Mais j'admire en effet votre persévérance; Un mois dans un état ! quelle rare constance! Depuis quand cet ennui?

FLORI MO.ND

Depuis le premier jour.

J'eus d'abord du dégoût pour ce morne séjour. Dans une garnison , toujours mêmes usages. Mêmes soins , mêmes jeux , toujours mêmes visages. Rien de nouveau jamais à dire, à faire, à voir: Le matin on s'ennuie, et l'on bâille le soir. Mais ce qui m'a sur-tout dégoûté du service, C'est, il faut l'avouer, ce maudit exercice. Je ne pouvois jamais regarder sans dépit Mille soldats de front, vêtus du même habit, Qui, semblables de taille, ainsi que de coiffure, Étoient aussi , je crois, semblables de figure. Un seul mot à-la-fois fait hausser mille bras; Un autre mot les fait retomber tous en bas : Le même mouvement vous fait, à gauche, à droite , Tourner tous ces gens-là comme une girouette.

CRISPI N

Cependant...

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