SCÈNE V
FLORIMOND
On te nomme?
CRispî.N, toujours avec l'accent gascon.
Laflur, pour vous servir.
FLORIMOND
Lafleur !
J'aime ce nom.
CRISPIN
Monseu mé fait beaucoup d'honneur.
FLORIMOND
D"où sors-tu donc?
CRIS PIN
De chez un ancien militaire.
FLORIMOND. i
Quel homme?
C1IISPIN.
Eh mais, il est d'un fort bon caractère : Parfois un peu bizarre , à ne vous point mentir; Mais, tout coup vaille, encor je voudrois le servir.
FLORIMOND
Pourquoi l'as-tu quitté?
CRISPIN
C'est iiien lui qui mé quitte.
FLORIMOND
Et pour quelle raison?
CRISPIX.
Il né mé l'a pas dite, Mouseu.
FLORIMOXD.
Ton air, je crois , neVn'est pas inconnu.
CRISPIN
Mais... quéque part aussi... je- crois vous avoir vu.
Eh mais...
c R I s p I >■ , à pai-t.
Nous y voilà.
FLORIMON O.
N'est-ce pas toi?
CRISPIX.
Peut-être.
FLOR IMON D.
Mais oui, c'est toi , Crispin.
CRISPIN, reprenant sa voix naturelle.
Non pas, mon ancien maître.
Ce n'est plus lui : Crispin n'étoit point votre fait; H n'étoit plus le mien, et je m'en suis défait.
FLORIMON D.
Es-tu fou?
CRISPIX.
Mais, monsieur, franchement, pour vous plaire. J'ai d'un peu de folie orné mon caractère. D'abord d'un autre nom j'ai trouvé le secret. Et je me doutoisbien que ce nom vous plairoit. J'ai, dépouillant ma cape , et mes gants, et ma veste, Pris d'un valet-de-chamhre et l'habit et le geste;