‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 34 sur 240 · ACTE II, SCENE V. S · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE V. S

Ton air est toujours pur , ainsi que tes plaisirs; Mille jeux innocents partagent tes loisirs; Tu vois mourir le jour , et renaître l'aurore ; Ton œil, à chaque pas, voit la nature éclore ; Ta femme est belle, sage, et tes enfants nombreux... Non , ce n'est plus qu'aux champs que l'on peut être heureux.

Au moins , n'espérez ])as que Lafleur vous imite : Le diable étoit plus vieux quand il se fit ermite. Et puis, vous conuoissez le bon monsieur Dolban : Donnera-t-il les mains à votre nouveau plan. Lui qui, pour l'autre hymen (car c'est vous qui le dites}, S'occupe en ce moment à faire des visites?

FLORI.MOXD.

Eh ! que m'importe? Aussi pourquoi se presser tant?

Voyez , ne pouvoit-il différer d'un instant?

Voilà comme est mon oncle; il prend tout ù la lettre :

Jamais au lendemain ou ne l'a vu remettre.

Et puis il aime fort ces commissious-là.

Négociation, demande , et cœtera :

Il croit en ce moment conduire une ambassade.

Mais il pourroit venir; et, de peur d'incartade.

Je sors, moi... Mais on vient, et c'est peut-être lui.

CRI s PIN.

C'est madame Éliante.

FLORIMOXD.

Autre surcroit d'ennui.

( // prête [oreille. ) C'est elle-même. Dieu! quel pénible martyre! Comment l'aborderai-je, et que vaij-je lui dire?

( // rêve un moment. ) Je lui vais dire, moi, la chose comme elle est; Que je ne l'aime plus, et qu'une autre me plaît : Je crois qu'il est affreux de tromper une femme.

( à Crispin. ) Laisse-nous.

( Crispin sort. )

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