SCÈNE III
PYRRHUS, PHILOCTETE, soldats grecs.
PHILOCTETE.
Pourquoi de ma retraite Venez-vous me tirer? Que voulez-vous enfin? Venez-vous augmenter l'horreur de mon destin? Ak! sans doute, cruels, c'est là votre espérance. ( // s'assied sur un banc de pierre. )
i82 PHILOCTÈTE.
PYRRHUS
Rassurez-vous, seigneur, soyez sans défiance Daignez m'entendre au moins.
Il m'en a trop coûté, Je suis trop bien puni de t'a voir écouté. Auteur de tous les maux dont mon cœur est la proie...
PYRRHUS
Eh bien , au repentir n'est-il aucune voie?
PHI loctÉte.
C'est avec ces discours que tu m'avois séduit. Que dans un piège affreu.K toi-même m'as conduit Oui, tu trompas ainsi ta crédule victime.
PYRRHUS
Vous connoîtrez bientôt quel intérêt m'anime. Dites-moi seulement ( c'est tout ce que je veux) Si vous vous obstinez à rester en ces lieux, Si vous êtes toujours à vous-même contraire. Si rien de ce dessein ne sauroit vous distraire? De grâce, répondez.
PHILOCTÉTE.
Oui , j'y suis résolu .
Résolu pour jamais.
PYRRHUS
Hélas! j'aurois voulu De ce cœur trop aigri fléchir la violence; Mais si vous l'ordonnez, je garde le silence.
PilILOCTETE.
Tu parlerois en vain : traître, c'est bien à toi Qu'il convient de prétendre aucun pouvoir sur moi