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SCÈNE III

CORIOLAN, VÉTURIE.

c;roit-il que, de son sang démentant la noblesse,

Véturie à son fds ordonne une bassesse?

U vous connoit bien mal, s'il ose s'en flatter.

VÉTURIE.

Oui, votre honneur m'est cher, vous n'en pouvez douter ;

Véturie à vos jours préfère votre gloire.

Mon fils , après ces mots, daignerez-vous m'en croire?

CORIOLAN

Ah; ce cœur est à vous, vous l'avez su former.

too CORIOLAN.

Chaque jour, chaque instant m'apprend à vous aimer :

De tous vos droits sur moi vous devez être sure,

Et la reconnoissance ajoute à la nature.

Vous le savez : depuis qu'enlevés au berceau

Mes deuK fils ont suivi mon épouse au tombeau,

Ma tendresse sur vous s'attacha tout entière,

Et le ciel à mon cœur n'a laissé qu'une mère.

Ce n'est qu'en votre sein que je puis m'épancher.

Cet ami dont les soins ont droit de me toucher

Ne sait point tous les maux dont je ressens l'atteinte ;

Il a vu mon courroux; vous, recevez ma i>lainte.

Entendez mes douleurs, et voyez tous les coups

Dont je ne roujjis pas de gémir devant vous.

Les ai-je mérités? ai-je dû les attendre?

J'ai servi les Romains dès l'âge le plus tendre.

Fier d'être né dans Rome, et de vivre pour eux,

En leur donnant mon sang je me croyois heureux.

Ces destins immortels, promis au Capitole,

De la grandeur romaine avoient {'ait mon idole.

Je brûlois de hâter les promesses des cieux.

Et chaque citoyen me sembloit précieux.

Combien ont dii la vie à cet ardent courage!

Combien sauvés par moi dans Ihorreur du carnage!

Tout le prix de ma gloire en leurs mains fut laissé,

Et quand ils étoient grands j étois récompensé.

A cette erreur si chère il faut «[ue je renonce!

Je suis leur ennemi : leur fureur me l'annonce

Et le peuple romain, à me perdre occujié,

M'arrache un sentiment qui m'a long-temps trompe.

On oppose au diestin un courage invincible:

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