‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 135 sur 216 · ACTE II, SCENE II · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE II

A \ oulu signaler ses tristes avantages : La foiblesse et la haine ont dicté les suffrages. Marcius immobile, écoutant son arrêt, Paroissoit insensible à son propre intérêt. Sans proférer un mot, il quitte l'assemblée; Ft, lorsque autour de lui l'amitié désolée Gémit du coup affreux sur nous appesanti . On diroit que lui seul ne l'a pas ressenti.

VKTfJRIE.

Je n'en ressens que trop l'atteinte douloureuse... Et quelle mère, hélas! se croyoit plus heureuse? Par tout ce que mon cœur en avoit attendu, Concevez, s'il se peut, tout ce que j'ai perdu. Tant d'amour, de respect, un dévouement si tendre, Cet éclat que sur moi lui seul pouvoit répandre , Et ce plaisir si pur, pour moi d'un si grand prix. D'enorgueillir mon cœur de la gloire d'un fds; Tout ce que sa tendresse avoit pour moi de charmes; Tout est évanoui !... Pardonnez à mes larmes. Je ne les cache point dans un si grand malheur : Des yeux de l'amitié vous voyez ma douleur , De ce cœur maternel vous sentez la blessure. Et qui peut condamner les pleurs de la nature?

VOLUMNIUS

Ah, madame! avec vous Rome devroit pleurer. Jusqu'où sa haine aveugle a donc pu l'égarer ! Quand le Volsque du Tibre a couvert le rivage, Oubliant son danger pour écouter sa rage, Kome perd son soutien : elle-même aujourd'hui Se prive du héros qui faisoit son appui.

MO CORIULAN.

VIÎTURIE.

O mon cher Marcius ! ô mon fils! ô grand homme Qu'avec tant de plaisir j'avois formé pour Rome! Je ne le verrai plus m'apporter ses lauriers, Ses couronnes orner nos temples, nos foyers. Et dans ces jours si beaux, si chers à la patrie. Les mères envier le sort de Véturie!... Marcius vit encore, et je n'ai plus de fils!

VOLUMNIUS

Il vient.

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