‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 15 sur 216 · ACTE II, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE II

Je serai, sans former cette chaîne étrangère. Allié de Louis, mais non pas son beau-frère.

WAR WICK

Comment!... Daignez au moins m'e.vpliquer ce discours. De vos premiers desseins qui peut troubler le cours? (^uoi! les oubliez-vous? et la France offensée Verra-t-elle....

EDOUARD

En un mot, j'ai changé de pensée; Je ne puis à ce point forcer mes sentiments.

WAR WICK

Mais songez que Louis a reçu vos serments, Que j'ai reçu les siens, et que Warwick peut-être ÎS'est pas un vain garant de la foi de son maître.

EDOUARD

Si je romps cet hymen entre nous préparé, J'en dois compte à Louis, et je le lui rendrai: Mais de ces tristes nœuds mon ame détournée Établit ses projets sur un autre hyménée. Il n'y faut plus songer.

WARWICK

Eh ! quels nœuds aujourd'hui l'eu vent vous assurer un plus solide appui? Quel traité plus utile?

EDOUARD

Eh quoi! la politique M'imposera toujours un fardeau tyrannique ! Et des lois qu'elle dicte esclave ambitieux, Je serai toujours grand , sans jamais être heureux! Je déteste ces lois, et mon cœur les abjure.

WARWICK

Qu'entends-je! Est-ce l'amour qui vous rendroit parjure

Quoi ! de vos ennemis à peine encor a ainqueur,

Le trône a-t-il déjà corrompu votre cœur?

Edouard, écoutant de frivoles tendresses,

S'est-il déjà permis de sentir des foiblesses?

Et parmi les périls renaissants chaque jour,

Avez-vous donc appris à céder à l'amour?

Ce n'est point à ces traits qu'on doit vous reconnoître.

Un moment à ce point n'a pu changer mon maître;

Non, je ne le crois pas; et sans doute son cœur,

A la voix d'un ami, va sentir son erreur.

EDOUARD

[à part.) {haut.)

Ahl je suis déchiré. Non , Warvvick, cette flamme. J'ose au moins m'en flatter, n'a point flétri mon ame; Et vous devez penser que ce cœur malheureux. Ce cœur foible une fois , est encor généreux. Non, monte sur un trône entouré de ruines, Et des feux mal éteints des guerres intestines, Je ne me livre point à ces égarements. Des princes amollis lâches amusements.

D'un sentiment profond j'éprouve la puissance... Votre seule amitié me rend quelque espérance... Warwick... Ahl si pour moi... Vous saurez mes desseins Et vous-même aujourd'hui réglerez mes destins.

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