CORIOLAN, VOLUMNIUS, ALBIN
CORIOLAN
Eh bien! Volumnius, que faut-il que je croie? C'est le peuple romain qui vers moi vous envoie? Moi qu'ils ont condamné, que l'exil a puni! Quoi! ces Romains si fiers recherchent un banni? Vous baissez vos regards, vous craignez de répondre.
vo LU MM us.
Oui : tout ce que je vois a de quoi me confondre Tout doit me pénétrer de honte et de pitié. Je sens gémir en moi l'honneur et l'amitié. Je pleure mon pays, quand sa faute l'accable; Je vois Rome vaincue, et mon ami coupable. La colère ù ce mot s'élève en votre cœur... Et je n'ai pas dessein d'irriier un vainqueur. Je sais quelle injustice envers lui fut commise^ Qu'il croit à ses affronts la vengeance pei'mise. Le ciel, qui, dans ce jour, veut nous humilier. Semble avoir pris le soin de la justifier. Quel en sera le terme? et jusqu'où sa furie Prétend-elle jouir des maux de sa patrie? Fière encor, sous les coups qu'a portés votre main , De n'avoir succombé qu'aux armes d'un Romain . Sa défaite, il est vrai, coûte moins à sa gloire. Faites-vous pardonner cette triste victoire : Donne? la paix à Rome; et que votre équité