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ACTE III, SCÈNE II

Qu'est-ce qu'lcilius peut encore espérer? Quelle grâce nouvelle ose-t-il implorer?

Une grâce! Ce mot est fait pour le coupable, Et non pour un Romain à vos yeux respectable. Un magistrat cbéri de ses concitoyens, Qui sut venger leurs droits , et soutiendra les siens.

Je vois qvi'Icilius, que le joug importune. Croit encore tonner du haut d^ la tribune; Qu'il voudroit être encor ce tribun factieux. De la division moteur séditieux, Puissant par la discorde, et grand par l'anarchie, Dont, grâces à nos lois, Rome s'est affranchie; Qu'il voit d'un œil jaloux le bien qu'il n'a pas fait. Mais Rome, malgré lui, nous doit ce grand bienfait De l'ordre rétabli, de l'union publique...

iciLi us.

Laissez de ce> gramls noms le faste chimérique. Ici bien vainement à toute heure étalé • Les mots ne sont plus rien quand les faits ont parlé. Et qu'est-ce donc enfin que les lois les plus belles. .Si le législateur se met au-dessus d'elles? O fruit de vos travaux, bien précieux, bien doux Pour nous l'obéissance, et l'empire pour vous! Croyez-vous de ses droits Rome si mai instruite. Et dans tous les esprits la vériié détruite? Croit-on l'anéantir en étouffant sa voix? Non ; elle parle encore et crie au nom des lois: Elles ne seront pas vainement invoquées.

Pour vous, comme pour nous, les limites marquée^

Sont le rempart sacré, sont l'écueil éternel

Où viendra se briser tout pouvoir criminel.

Aveugles décemvirs, que votre ame est trompée!

Quelle place en nos cœurs vous auriez occupée,

Si , lorsque votre ouvrage à son terme est venu ,

Contents de cet honneur par vos soins obtenu.

Contents d'avoir assis sur un juste équilibre

Les pouNoirs partagés, ressorts d'un état libre,

Vous eussiez, déposant la pompe des faisceaux.

Descendu noblement au rang de vos égaux.

Sans prétendre de nous un plus digne salaire

Que d'obéir aux lois que vous veniez de faire î

Qu'alors vous étiez chers à vos concitoyens!

Que vous deveniez grands à leurs yeux comme aux miens

Combien votre mémoire eût été révérée!

Mais ces touchants attraits d'une gloire épurée

Au despotique orgueil sont trop indifférents;

Ce sont là des plaisirs inconnus aux tyrans.

Quoi ! nous aurions compté sur la reconnoissance D'un peuple que toujours trompa son inconstance; Qui chérit ses flatteurs, et qui hait son appui ; Qu'enfin l'on est forcé de servir malgré lui ! Les salutaires lois que nous avons dictées Ne pouvoient que par nous être bien cimentées Quand il en sera temps, nous saurons renoncer A cette autorité qu'il nous f lut exercer. Ses effets jusqu'ici n'ont rien dont je rougisse; Par-tout régne le calme; et la paix protectrice

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