‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 209 sur 216 · MENÉS, FEMMES SUIVANTE S · texte numérisé non relu

MENÉS, FEMMES SUIVANTE S

PLAUTIE.

Quoi ! devant ce tyran que la vertu redoute, A ce vil tribunal!...

J'irai , j'irai , sans doute ; Je vous y conduirai.

VIUGI NIE.

Que dites-vous' ô cieux!

Moi , soutenir l'aspect de ce monstre odieux!

PLAUTIE.

Lui qui poursuit sa proie, et de qui l'ame altière, Brûlant pour Virginie...

Il n'a pas vu son père; Et quelque emportement qu'il nous o.^e annoncer, C'est devant moi du moins qu'il faudra prononcer.

iciLi us.

Est-il pour un tyran quelque droit respectable ? Pensez- vous que ce cœur farouche, impitoyable. Soit, même à votre aspect, de remords combattu''

Ah ! l'injustice armée insulte à la vertu.

Non, n'abandonnons pas ce lieu qui nous rassemble;

Notre plus doux espoir est de périr ensemble.

Voyons si jusqu'ici ses barbares soldats

Oseront apporter le fer et le trépas ,

Profaner cet asile , et d'un bras sacrilège

Violer ces autels dont l'aspect nous protège.

PLAUTIE.

C'est notre seul recours, c'est le dernier, hélas î Seigneur, ma fille et moi nous mourrons dans vosbra,.

Je n'implore et n'attends que cette seule grâce.

( Elle tombe à genoux auprès de [autel. ) Par cet autel sacré que devant vous j'embrasse, Par ces festons, garants d'un sort moins inhumain, Que pour un autre usage assembla cette main ; Ces ornements d'hymen, pour moi si pleins de charmes, Que je ne croyois pas sitôt tremper de larmes. Ah ! ne m'arrachez pas à ces dieux protecteurs Dont j'oppose l'image à mes persécuteurs. Irai-je au tribunal, où le tyran m'entraîne, Souffrir tous les affronts pi'éparés par la haine, Par un barbare amour mille fois plus affreux? Je ne sais quelle voix, dans ce cœur malheureux. D'un présage sinistre effrayant ma pensée. Me dit que par vous-même à ma perte poussée, Si pour vous attendrir mes pleurs sont superflus. Si je sors de ces lieux, je ne les verrai plus. A cet asile saint confiez l'innocence:

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