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ACTE V, SCÈNE III. iij

Redemande une esclave enlevée au berceau: Aux droits qu'il a prouvés les lois ont mis leur sceau; Et quoique leur rigueur dût presser la sentence , J'ai de Virginius attendu la présence.

Mais si, se répandant en discours superflus, Il ne peut par des Faits démentir Claudius, Qu'il sache qu'aujourd'hui rien ne pourra suspendre, Rien ne pourra changer l'arrêt que je vais rendre ; Et malheur à quiconque, en sa témérité, Oseroit d'Appius braver l'autorité.

ICILIUS

Romains, voilà ma femme, et j'ai dii la défendre. Romains, voilà son père, et vous allez l'entendre. Je ne m'abaisse pas jusqu'à craindre Appius; Je me tais seulement devant Virginius.

VIKGINIUS.

Décemvir, j'ai douté que ton aveugle rage Prétendît consommer ton crime et mon outrage. J'avois cru que 1 horreur d'un infâme dessein Devoit, à mon aspect, se cacher dans ton sein. Mais puisque ma vertu, mes titres , mes services, Et ce sein paternel couvert de cicatrices. Ne peuvent arrêter tes projets forcenés , (l'est moi, moi qui dénonce au.x Romains indignés Un monstre possédé d'un amour sacrilège, Qui veut traîner sa proie en cet horrible piège; VA qui, pour assouvir ses désirs criminels, A dicté limposture au plus vil des mortels. Si mes concitoyens ne peuvent me défendre. Mes cris ju-îques au camp iront se faire entendre :

i»20 VIRGINIE.

Mes braves compagnons entre nous votlt jng^ef;

Us ont le fer eu main , et c'est pour me venger.

Je saurai prévenir ta coupable menace,

Téméraire vieillard. Ainsi donc ton audace,

Jusques en ma présence, au pied du tribunal.

De la rébellion veut donner le signal.

C'est souffrir trop long-temps ta fureur qui me brave.

Licteurs, à Claudius qu'on livre son esclave.

VIRGINIE, se précipitant dans les bras de son père. Ab, mon père! en vos bras...

PLAUTIE, se jetant au-devant des licteurs qui s approchent pour saisir Virginie.

Arrêtez, inhumains; Percez plutôt ce cœur...

VIRGIXIUS.

' Icilius et Plaulic, les bras étendus, repoussent les licteurs^ pendant que f-'irginius tient sa fille serrée dans ses bras. )

Qui de VOUS , ô Romains ,

Peut souffrir tant d'horreurs? qui de vous n'est pas père'

Si mes mains ne gardoient une tête si chère,

Mes mains de ce tyran déchireroient le cœur...

Avez-vous des enfants? sentez-vous mon malheur?

Tranquilles et muets, vous voyez ce spectacle î ( aux licteurs.)

Non, barbares, jamais...

APPIUS

Écartez tout obstac)<? ; Obéissez, licteurs

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