SCÈNE IV
EDOUARD, WARVVICK, ELISABETH.
SUFFOLCK, GARDES.
ELISABETH
Que vois-je? O ciel! O jour funeste 1 Hélas! par vos vertus, par ce ciel que j'atteste, Écoutez-moi , seigneur... C'est moi qu'il faut punir De ces tristes débats que j'ai dû prévenir. Oui, j'aurois dû plus tôt, vous découvrant mon ame.^ Etouffer dans la votre une imprudente flamme; Et si ramour, hélas! vous soumet à sa loi, Ah ! vous devez sentir ce qu'il a pu sur moi. Oui, j'aime dans Warwick ce vertueux courage. Dont je l'ai vu pour vous faire un si noble usa^je; Mon cœur, dans ce penchant par vous-même affermi, Dans cet illustre amant chérissoit votre ami.
WARWICK
Vous croyez l'attendrir; vous vous trompez, madame
Cet aveu, je le vois, irrite encor son ame;
Et livré tout entier à sa funeste ardeur,
Il voudroit accabler son triste bienfaiteur.
Il voudroit à l'autel vous traîner sur ma cendre :
C'est mon sang qu'il lui faut, qu'il brûle de répandre.
Mais avant qu'à vos yeux il puisse s'y plonger,
U doit craindre peut-être encor plus d'un danger.
Adieu
( // sort. )