SCÈNE V
EDOUARD, ELISABETH, SUFFOLCK,
GARDES
É D 0 u A r. D , au.r gardes.
Suivez ses pas; allez, et qu'on l'arrête; Qu'on l'enferme à la tour.
Quel orage s'apprête!
Qu'allez-vous ordonner? Qu'allez-vous faire, ô ciel? L'amour étoit-il fait pour vous rendre cruel ?
ÉDOUA RD.
Non. Je veux prévenir une révolte ouverte ; Je veux son châtiment, et ne veux point sa perte. Votre cœur devant moi s'est pour lui déclaré ; Le mien est par vous deux tour à tour déchiré. Bravé par un sujet, et haï de vous-même, J'aurois pu tout permettre à ma fureur extrême. Peut-être j'aurois dû dans son coupable sang Laver l'indijne affront qu'il faisoit ù mon rang. Mais mon cœur frémiroit d'un transport si féroce: L'amour ne m'apprend point cette vengeance atroce; Et dans les mouvements dont je suis combattu, Je sais entendre encor la voix de la vertu. Vous le voyez, madame; et du moins votre maître. S'il n'est aimé de vous, étoit digne de l'être
ELISABETH
Eh bien ! si la vertu commande à votre cœur.
De vous-même aujourd'hui sachez être vainqueur.