‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 32 sur 216 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

EDOUARD, ELISABETH, SUFFOLCK.

GARDES

SUFFOLCK.

Le comte est arrêté.

Même en obéissant il gardoit sa fierté. Ses regards menaçants appeloient la vengeance. Il a suivi mes pas dans un morne silence : Mais ce peuple qui l'aime, et dont 'il fut l'appui , Paroissoit murmurer et s'émouvoir pour lui.

EDOUARD, « Elisabeth .

Eh bien! vous l'entendez, et le sort implacable

Ajoute à tout moment à l'horreur qui m'accable,

(« Suffolck. ) J'en saurai triompher. Va, ne crains rien pour moi. Si Londres se soulève, il connoîtra son roi. De mes gardes ici rassemble les cohortes; Et que de ce palais ils occupent les portes. L'audacieux Warwick espère vainement M'épouvanter des cris de ce peuple insolent.

( à Elisabeth. ) Vous ne le verrez point l'emporter sur son maître. C'est cet amour fatal que vous avez fait naître Qui, remplissant un cœur de vous seul occupé, Empoisonne les traits dont le sort m'a frappé.

ELISABETH

Il faut tout réparer : cet effort est possible. Plus que vous ne pensez ce moment est terrible. Laissons là cet amour fait pour vous aveu/jler; Un plus grand intérêt me force à vous parler ; C'est celui de l'état : une reine ennemie. De vos divisions déjà trop avertie.

Va sur votre ruine élever ses destins; Elle attise les feux allumés par vos mains; Sa haine vous poursuit, sa fierté vous menace, Et j'ai vu sur son front l'espérance et l'audace. De vin^t mille proscrits les malheureux enfants Sont prêts à la servir dans ses ressentiments. Ils entendirent tous, au jour de leur naissance, Autour de leurs berceaux le cri de la vengeance; Voulez-vous leur donner un chef, un défenseur, Réunir Marguerite à son fier oppresseur?

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