‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 35 sur 216 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

WARWICK

Jour affreux 1 jour d'opprobre ! Après vingt ans de gloire ■■'

Quoi ! je suis dans les fers ! Ah ! l'aurois-je pu croire

Qu'Edouard, se portant à ce terrible éclat,

lîxposeroit ainsi son trône et son état?

Que dis-je? Il counoit mieux ce peuple et sa foiblesse.

Est-ce ainsi que pour moi son zèle s'intéresse?

Vient-il briser mes fers? M'a-l-il vengé du roi?

Londre autant qu'Edouard est ingrat envers moi.

Un jour, un jour peut-être, avec plus de puissance...

Malheureux! dans les fers peut-on crier vengeance?

Il me semble à ce mot que ces murs odieux

M'accablent de ma honte et repoussent mes vœux;

Et mes ( ris, en frappant ces voûtes effrayantes,

Les fatiguent en vain de plaintes impuissantes.

Mais quel ressouvenir vient m'etonner soudain !

Quel changement, ô ciel ! et quels jeux du destin !

Pour l'orgueil des humains leçon rare et terrible!

C'est dans ces mêmes lieux , dans cette tour horrible.

Ou',j vivre dans Tes fers par moi seul condamné

Le malheureux Henri languit abandonné.

L'oppresseur, l'opprimé, n'ont plus qu'un même asile. Hélas! dans son malheur il est calme et tranquille; Il est loin de penser qu'un revers plein d'horreur Enchaîne près de lui son superbe vainqueur.

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