ACTE IV, SCENE VII. 6i
De son ingratitude il voit enfin le fruit. Il l'a bien mérité. Marchons... VVarwick, arrête. Tu vas à Marguerite assurer sa conquête, Écraser sans effort un rival abattu !
Sont-ce là des exploits dignes de ta vertu? Est-ce un si beau triomphe offert à ta vaillance, D'immoler Edouard, quand il est sans défense? Ah! j'embrasse un projet plus grand , plus généreux. Voici de mes instants l'instant le [)lus heureu.x; Ce jour de mes malheurs est le jour de ma gloire : C'est moi qui vais fixer le sort et la victoire. Le destin d'Edouard ne dépend que de moi, J'ai guidé sa jeunesse, et mon bras l'a fait roi. J'ai conservé ses jours, et je vais les défendre; Je lui donnai le sceptre , et je vais le lui rendre, De tous ses ennemis confondre les projets; Et je veux le punir à force de bienfaits. Il connoîtra mon coeur autant que mon courage; Une seconde fois il sera mon ouvrage.
Qu'il va se repentir de m'avoir outragé! Combien il va rougir! Ami, je suis vengé. Allons, braves Anglois ; c'est Warwick qui vous guide Ne désavouez point votre chef intrépide. Si vous aimez l'honneur, venez tous avec moi, Et combattre Lancastre, et sauver votre roi.