‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 46 sur 216 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

ELISABETH

Ciel! où porter le trouble où mon cœur s'abandonne?

La terreur me poursuit, et la mort m'environne.

J'entends autour de moi les cris de la fureur,

Les plaintes des mourants... O ciel! 6 jour d'horreur!

On arrête mes pas : hélas ! ce que j'ignore

Est plus triste peut-être, et plus affreux encore;

Et le ciel, que ma voix est lasse d'implorer,

Quel que soit le succès, me condamne à pleurer.

De Marguerite enfin l'ascendant nous opprime:

Elle a su malgré moi traîner dans cet abyme

Deux amis, deux héros, l'un de l'autre admirés.

Deux cœurs nés généreux, par l'amour égarés.

Tout semble m'annoncer son triomphe sinistre,

Warwick de ses projets trop aveugle ministre,

Combat pour son époux après l'avoir vaincu;

A servir une femme il est donc descendu!

Tu l'emportes sur nous, trop cruelle ennemie!

Je cède en gémissant à ton fatal génie

Il est de ton destin d'accabler mon pays; Eh bien ! verse le sang, marche sur nos débris : Mais du moin> quelque jour, pour venger l'Angleterre, Puisse le juste ciel , à tes desseins contraire, Arracher de tes mains le fruit de nos malheurs! Puisses-tu loin de nous, pour prix de tes fureurs, Traînant chez l'étranger, devenu ton asile, Une vieillesse obscure, une rage inutile, Mendiant des secours que tu n'obtiendras pas. Mourir en détestant la vie et ton trépas!

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