‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 70 sur 216 · M. DE FAUBLAS, LE CURÉ · texte numérisé non relu

M. DE FAUBLAS, LE CURÉ

M. DE FAUBLAS

Eh bien ! vous avez vu ma fille Se rend-elle aux souhaits de toute sa famille? Est-elle résignée?

LE CURÉ

Écoutez-moi, monsieur.

Quand le ciel, sur vos jours signalant .sa faveur, Pour la première fois offrit à vos caresses Le gage heureux et cher de vos pures tendresses , N'avez-vous pas alors promis à votre cœur De chérir cet enfant, de faire son bonheur, D'assurer, sous l'abri de votre expérience, A son ame, à ses jours, la paix; et l'innocence?

M. DE FAUBLAS

il est vrai, c'est aussi...

LE CURÉ

Répondez seulement.

io4 MLLANIE.

Voulez-vous en effet respecter ce serment? Le croyez-vous sacré ?

M. DE F AUBLAS.

Je le tiendrai sans doute.

LE CURÉ

C'est assez, il suffit que votre cœur m'écoute ;

Il suffit qu'à vos yeux brille la vérité.

J'annonce, au nom du ciel et de l'humanité ,

Qu'on dicte à votre fille, en cet instant funeste.

Des vœux que Dieu réprouve et que son cœur déteste,

Et si dans ce dessein vous persistez toujours,

Vous mettez en danger son salut et ses jours.

M. DE FA UBL AS

Son salut?

LE CURÉ

Votre bouche à ce mot se récrie.

Vous semblez moins frappé du danger de sa vie. Tous deux pourtant sont chers, tous deux également Dépendent aujourd'hui du même événement.

Ne vous y trompez pas : le temps, le péril presse. Souffrez, que l'amitié qui pour vous m'intéresse Retrace à vos regards ce que vous oubliez. C'est votre fille, hélas! que vous sacrifiez. Je viens de lui parler : celte ame douce et pure Epanchoit ses chagrins sans fiel et sans murmure, Et sans vous accuser déploroit son malheur. De toutes les vertus îe germe est dans son cœur ; Sous les yeux paternels ce germe s'en va croître . Ah ! ne l'étouffez pas dans les ennuis du cloîtip Pourquoi vous refuser la douceur d'en jouir 'i*

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