ACTE II, scÈ^^; vi. nS
De lui montrer le piège et de l'en détourner: «J'étoient là les leçons qu'il falloit me donner. Dans l'avenir pour moi c'est vous qui deviez lire , Et quand je m'égarois vous deviez me conduire. Ah! mon père aujourd'hui voudroit-il me punir De ces mêmes erreurs qu'il falloit prévenir?
M. DE FAUBLAS
Vous voulez des conseils; mais sachez donc les suivre. Sachez que le penchant où votre cœur se livre, <Je retour vers le monde, et ces désirs ardents, Sont des goûts passagers que détruira le temps. Sachez que s'immoler au bien de sa famille, Remplir tous les devoirs d'une sœur, d'une fille, Est un bonheur durable et plus digne de vous. Que la religion doit rendre encor plus doux.
MÉLANIE
Ah! pour jouir ainsi d'un noble sacrifice, Il faut que notre cœur l'accepte ou le choisisse ; Et l'ame qu'on y force avec tant de rigueur En perd tout le mérite, et n'en a que l'horreur. Mais vous , mais votre fils dont je suis la victime , Goûterez-vous, hélas! un bonheur légitime? Jouirez-vous en paix de vos tristes honneurs 1'" ondes sur l'injustice et payés par mes pleurs?
M. DE FAUBLAS
Comptez sur vos efforts, et d'un esprit plus ferme...
MÉLANIE
Non; la mort de mes maux sera l'unique terme...
>î. DE FAUBLAS-
L'espoir. „
ii6 MÉLANIE.
MÉLAXIE.
]| est par-tout, excepté dans ces lieux.
M. DE F AU B LAS
Le ciel...
MÉLANIE
Au nom du ciel fait-on des malheureux?
Ma fille, c'en est trop ; vous voulez l'impossible.
M ON VAL
{à part.) {haut.)
Ah! barbare!... A ce point vous seriez inflexible! Ses larmes, sa candeur, n'ont pu vous émouvoir! Vous voulez la réduire au dernier désespoir!
M. DE FAUBLAS
Eh! pourquoi donc, monsieur, prenez- vous sa défense? Quels titres avez-vous?...
MONVAL
Tous ceux de l'innocence, Tous ceux de la justice et de l'humanité.
M. DE FAUBLAS
IS'affectez point ici de générosité:
Je sais quel intérêt vous parle et vous anime.
MONVAL
J'oserai l'avouer; oui, ce n'est point un crime. Oui , je l'aime , monsieur; je le dois, je le veux. Je suis sûr de sentir un penchant vertueux. J'avois su le contraindre, et, malgré ma tendresse. J'ai toujours respecté son état, sa jeunesse : Je le déclare à vous , qui croyez m'imposer,