ACTE I, SCÈNE II. ij
Et mou devoir n'est point de vous les révéler. Attendez jusque-là ma volonté suprême.
MARGUERITE
J'attends tout désormais du ciel et de moi-même.
Je ne m'abaisse point jusqu'à prouver mes droits,
Et je sais que le fer est la raison des rois.
Tu crains que dans l'Europe ou n'entende mes plaintes;
Mais je te puis ici porter d'autres atteintes :
Songe que dans ces murs un peuple factieux,
Toujours prêt à pousser un cri séditieux,
Cruel dans ses retours, extrême en ses offenses,
Pevit encore à mon cœur préparer des vengeances,
Et m'offrir un plus sûr et plus facile appui
Que ces rois toujours lents à s'armer pour autrui.
il faut, ou m'imraoler, ou me craindre sans cesse.
Peut-être rougis-tu d'accabler la foiblesse
D'un sexe qui souvent est dédaigné du tien;
Va , crois que Marguerite est au-dessus du sien.
ÉDO UARD.
Je vois à quel excès la fureur vous égare;
Mais ce n'est point à vous de me croire barbare.
Contre vous autrefois me guidant aux combats,
Mon père malheurevix a trouvé le trépas;
Par des tributs sanglants j'ai pu le satisfaire :
Je n'imputai sa mort qu'aux hasards de la guerre.
Je sais vous pardonner ces impuissants éclats
Qui consolent le foible et ne le vengent pas.
J'honore vos vertus, je l'avouerai sans feindre;
Je puis vous admirer, mais je ne puis vous craindre.
Calmez votre douleur auprès de votre fils :
i6 LE COMTE DE WARWICK.
Allez; son entretien va vous être permis. Peut-être, en le voyant, votre reconnoissance Avouera que mon camr a connu la clémence.
MARGUERITE
Son état et le mien , ses pleurs et mes regrets . M'apprendront quel retour je dois à tes bienfaits. Adieu.