SCÈNE III
EDOUARD, SUFFOLCK, gardes.
FDOUARD.
Je plains les maux de cette ame irritée. Ah! prends pitié d'une ame encor plus tourmentée. Cher ami , tout mon cœur est ouvert à tes yeux: Tu l'as connu long-temps et noble et vertueux; Peut-être il l'est encore, et fait pour toujours l'être... De moi-même à ce point l'amour est-il le maître? Cet amour jusqu'ici vainement combattu , D. lit rou fit ma raison, dont frémit ma vertu , Qui va marquer un terme à ma gloire flétrie, Et qui pourtant, hélas 1 m'est plus cher que ma vie. Tu dois t'en sousenir; tu sais que dès le jour Où ces attraits nouveaux brillèrent dans ma cour, J'éprou\ai, je sentis ce charme inexprimable, Ces mouvements soudains d'un penchant indomptable Ces premiers feux d'un cœur qui n'avoit point aimé. Surpris de mon état, de moi-même alarmé, Je vis tous les dangers de ma folle tendresse.