M. DE FAUBLAS, MÉLANIE
M. DE FADBLAS.
Vous m'avez demandé : qu'avez-voits à me dire? J'ai cru que le devoir reprenoit son empire, Que vous alliez enfin obéir à ma voix,
MÉLANIE, fCun ton calme et ferme.
J'ai voulu vous redire une seconde fois Que le joug du couvent à mes yeux est horrible; Que la mort... oui , la mort me semble moins terrible ; Que , s'il faut à ce joug que mon sort soit livré , On peut attendre tout d'un cœur désespéré; Que de ce désespoir, qui de tout est capable, D'avance devant Dieu je vous rends responsable.
M. DE FAUBLAS
Allez; quand vous aurez rempli sa volonté,
Lui-même il bénira votre docilité,
Lui-même il vous rendra le calme et le courage.
MÉLANIE
Le courage!... J'en ai... j'en saurai faire usage.
Je n'ajoute qu'un mot. Si vous étiez certain
Que l'heure où dans le temple un serment inhumain
Auroit à ce couvent enchaîné ma misère
De mes jours dévoués seroit l'heure dernière...
Si vous en étiez sûr,., pourriez-vous le vouloir?
M. DE FAUBLAS
On ne meurt point, ma fille, et l'on fait son devoir.
128 MÉLANIE
Eh bien!... je le ferai... Souffrez que je vous quitte. Je sens que dans l'état où mon ame est réduite J'ai besoiji de goûter quelques instants de paix. Tous vos désirs bientôt vont être satisfaits.