‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 110 sur 345 · ACTE III — SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE III — SCÈNE I

AGÉNOR

Mais, seigneur, quel est votre dessein ?

AGÉLAS.

D'aimer.

AGÉNOR

Quel sera donc le sort de la princesse ? Athènes, par un choix où chacun s'intéresse, Vous a fait souverain sans aucune autre loi Que d'épouser Ismène, alliée au feu roi.

AGÉLAS.

Mon cœur jusqu'à ce jour, sans nulle répugnance, Suivait de cette loi la douce violence. Ce cœur même, en secret, souvent s'applaudissait De la nécessité que le sort m'imposait ; Mais depuis le moment qu'une jeime bergère M'a charmé sans avoir nul dessein de me plaire. Mon penchant pour Ismène aussitôt m'a quitté. Je me sens entraîner d'un tout autre côté.

AGÉNOR, à part.

Ciel, qui sais mon amour, fais si bien qu'en son âme Puisse à jamais régner cette nouvelle flamme !

A Agélas.

Ce n'est pas d'aujourd'hui que les chamips et les bois Ont produit des objets dignes des plus grands rois ; El le sort prend plaisir, d'une chaîne secrète. D'allier quelquefois le sceptre et la houlette.

AGÉLAS.

Cette inégalité, ce défaut de grandeur.

Pour Criséis encore irrite mon ardeur.

AGÉNOR

Je ne sais ce qu'annonce une telle aventure ;

Mais un des miens m'a dit qu'en changeant de parure,

i86 DÉMOCRITE

Ce paysan, de joie ou de vin transporté, A laissé, dans l'habit qu'il avait apporté. Un bracelet d'un prix qui passe sa puissance : On doit me l'apporter. Mais Criséis s'avance.

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