‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 12 sur 345 · ACTE I — SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE I — SCÈNE VI

VALÈRE

Dieux ! que me dis-tu là ?

HECTOR

Ce que je viens d'entendre.

VALÈRE

Bon ! cela ne se peut ; on t'a voulu surprendre.

HECTOR

Vous êtes assez riche en bonne opinion, A ce qu'il me paraît.

VALÈRE

Point. Sans présomption, On sait ce que l'on vaut.

HECTOR

Mais si, sans vouloir rire, Tout allait comme j'ai l'honneur de vous le dire. Et qu'Angélique enfin pût changer...

En ce cas.

Je prends le parti... Mais cela ne se peut pas.

HECTOR

Si cela se pouvait, qu'une passion neuve...

VALÈRE

En ce cas, je pourrais rabattre sur la veuve, La comtesse sa sœur.

HECTOR

Ce dessein me plaît fort ; J'aime un amour fondé sur un bon coffre-fort ; Si vous vouliez un peu vous aider avec elle. Cette veuve, je crois, ne serait point cruelle ; Ce serait une éponge à presser au besoin.

VALÈRE

Cette éponge, entre nous, ne vaudrait pas ce soin.

HECTOR

C'est, dans son caractère, une espèce parfaite, Un ambigu nouveau de prude et de coquette. Qui croit mettre les cœurs à contribution, Et qui veut épouser : c'est là sa passion.

VALÈRE

Épouser ?

ÏÎECTOR.

Un marquis, de même caractère.

Grand épouseur aussi, la galope et la flaire.

Et quel est ce marquis ?

HECTOR

C'est, à vous parler net.

Un marquis de hasard fait^ par le lansquenet ; Fort brave, à ce qu'il dit, intrigant, plein d'affaires ; Qui croit de ses appas les femmes tributaires ; Qui gagne au jeu beaucoup, et qui, dit-on, jadis Etait valet de chambre avant d'être marquis. Mais sauvons-nous, monsieur ; j'aperçois votre père.

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