ACTE V — SCÈNE V
AGÉLAS,
Jamais aucun espoir n'a tant flatté mon âme.
THALER, à part.
Tatigué, queu malin !
A Agélas.
Rendez-moi mon bijou, Et je prends, pour partir, mes jambes à mon cou.
AGÊNOR, donnant le bracelet au roi.
Par les soins que j'ai pris, on vient de me le rendre, Seigneur, je vous l'apporte.
THALER
On m'a bien fait attendre.
N'en a-t-on rien ôté ?
AGÉLAS.
Les yeux sont éblouis Des traits de feu qu'on voit...
A Thaler.
Mais d'où vient ce rubis ?
THALER
Du pays des rubis. Il est à notre fille,
AGÉLAS.
Comment ?
THALER
Oui ; c'est, seigneur, un bijou de famille.
AGÉLAS.
Éclaircis-nous le f?it sans feinte et sans détour.
THALER
Mais tout ce que je dis est plus clair que le jour.
Ce discours ambigu cache quelque mystère : Explique-toi.
THALER
Morgue ! je ne suis point son père, Puisqu'il faut vous le dire et parler tout de bon,
CRISÉIS.
Juste ciel !
THALER
Je ne fais que lui prêter mon nom, Comme bien d'autres font.
CLÉANTHIS, à part.
Le dénoûment s'avance.
AGÉLAS.
Et quel est donc celui qui lui donna naissance ?
STRABON, à part.
Ce n'est pas moi, toujours.
THALER, montrant Cléanthis.
Cette femme, je croi.
Si vous l'interrogez, le dira mieux que moi : La drôlesse, un matin, s'en vint, bon jour, bonne œuvre. Jusqu'à notre maison porter ce biau chef-d'œuvre.
CLÉANTHIS.
Moi, quelle calomnie !
THALER, à Cléanthis.
Oh ! je vous connais bien.
CLÉANTHIS.
Qui? moi, j'aurais...