SCÈNE X M. TOUTABAS, GÉRONTE
TOUTABAS.
Avec tous les respects d'un cœur vraiment sincère. Je viens pour vous offrir mon petit ministère.
Je suis, pour vous servir, gentilhomme auvergnac. Docteur dans tous les jeux, et maître de trictrac : Mon nom est Toutabas, vicomte de la Case, Et votre serviteur, pour terminer ma phrase.
GÉRONTE, à part.
Un maître de trictrac ! Il me prend pour mon fils.
Haut.
Quoi ! vous montrez, monsieur, im tel art dans Paris 1 Et l'on ne vous a pas fait présent, en galère, D'un brevet d'espalier ?
TOUTABAS, à part.
A quel homme ai- je affaire ?
Haut.
Comment ! je vous soutiens que dans tous les États On ne peut de mon art assez faire de cas ; Qu'im enfant de famille, et qu'on veut bien instruire, Devrait savoir jouer avant que savoir lire.
GÉRONTE
Monsieur le professeur, avecque vos raisons, Il faudrait vous loger aux Petites-Maisons.
TOUTABAS.
De quoi sert, je vous prie, une foule inutUe
De chanteurs, de danseurs, qui montrent par la ville ?
Un jeune homme en est-il plus riche, quand il sait
Chanter ré mi fa sol, ou danser im menuet ?
Paiera-t-on des marchands la cohorte pressante
Avec un vaudeville ou bien une courante ?
Ne vaut-il pas bien mieux qu'un jeune cavalier
Dans mon art au plus tôt se fasse initier ?
Qu'il sache, quand il perd, d'une âme non commune,
A force de savoir, rappeler la fortune ?
Qu'il apprenne un métier qui, par de sûrs secrets,
En le divertissant, l'enrichisse à jamais ?
Vous êtes riche, à voir ?