‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 166 sur 345 · ALBERT, ÉRASTE, CRISPIN · texte numérisé non relu

ALBERT, ÉRASTE, CRISPIN

ALBERT, bas.

Je ne veux point sitôt rentrer dans le logis, Pour donner tout le temps que les barreaux soient mis. Leurs plaintes et leurs cris me toucheraient peut-être. Haut.

Çà, de quoi s'agit-il ? Parlez, vous voilà maître : Mais surtout soyez bref.

ÉRASTE

Je suis fâché, vraiment.

Que pour moi votre fille ait un tel traitement.

Qu'est-ce à dire, ma fille ?

ÉRASTE

Est-ce donc votre femme ?

ALBERT

Cela sera bientôt.

ÉRASTE

J'en suis ravi dans l'âme.

Vous ne pouvez jamais prendre un plus beau dessein. Et vous faites fort bien de lui tenir la main. Tous les maris devraient faire ce que vous faites. Les femmes aujourd'hui sont toutes si coquettes !...

ALBERT

J'empêcherai, parbleu, que celle que je prends Ne suive la manière et le train de ce temps.

CRISPIN

Ah ! que vous ferez bien ! Je suis si soûl des femmes !.

Et je suis si ravi, quand quelques bonnes âmes

Se servent de mainmise un peu de temps en temps...

ALBERT

Ce garçon-là me plaît, et parle de bon sens.

ÉRASTE

Pour moi, je ne vois rien de si digne de blâme Qu'im homme qui s'endort sur la foi d'une femme ; Qui, sans être jam.ais de soupçons combattu, Compte tranquillement sur sa frêle vertu ;

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