ALBERT, ÉRASTE, CRISPIN
ALBERT, bas.
Je ne veux point sitôt rentrer dans le logis, Pour donner tout le temps que les barreaux soient mis. Leurs plaintes et leurs cris me toucheraient peut-être. Haut.
Çà, de quoi s'agit-il ? Parlez, vous voilà maître : Mais surtout soyez bref.
ÉRASTE
Je suis fâché, vraiment.
Que pour moi votre fille ait un tel traitement.
Qu'est-ce à dire, ma fille ?
ÉRASTE
Est-ce donc votre femme ?
ALBERT
Cela sera bientôt.
ÉRASTE
J'en suis ravi dans l'âme.
Vous ne pouvez jamais prendre un plus beau dessein. Et vous faites fort bien de lui tenir la main. Tous les maris devraient faire ce que vous faites. Les femmes aujourd'hui sont toutes si coquettes !...
ALBERT
J'empêcherai, parbleu, que celle que je prends Ne suive la manière et le train de ce temps.
CRISPIN
Ah ! que vous ferez bien ! Je suis si soûl des femmes !.
Et je suis si ravi, quand quelques bonnes âmes
Se servent de mainmise un peu de temps en temps...
ALBERT
Ce garçon-là me plaît, et parle de bon sens.
ÉRASTE
Pour moi, je ne vois rien de si digne de blâme Qu'im homme qui s'endort sur la foi d'une femme ; Qui, sans être jam.ais de soupçons combattu, Compte tranquillement sur sa frêle vertu ;