‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 178 sur 345 · SCÈNE II ALBERT, ÉRASTE · texte numérisé non relu

SCÈNE II ALBERT, ÉRASTE

ALBERT, à part.

Je ne puis demeurer en place un seul moment. Je vais, je viens, je cours ; tout accroît mon tourment. Près d'eue, mon esprit, comme le sien, se trouble ; Son accès de folie à chaque instant redouble.

A Éraste.

Ah ! monsieur, suis-je assez au rang de vos amis, Pour m'aider du secours que vous m'avez promis ?

Cet homme qui tantôt m'a vanté sa science Veut-U de ses secrets faire l'expérience ? En l'état où je suis, je dois tout accorder ; Et lorsque l'on perd tout, on peut tout hasarder.

ÉRASTE

Je me fais un plaisir de rendre un bon office. On se doit en tout temps l'un à l'autre service. La malade aujourd'hui m'a fait trop de pitié, Pour ne vous pas donner ces marques d'amitié. L'homme dont il s'agit en ces lieux doit se rendre ; J'ai voulu sur le mal le sonder et l'entendre. Mais il m'en a parlé dans des termes si nets. En me développant la cause et les effets. Qu'en vérité je crois qu'il en sait plus qu'un autre.

Quel service, monsieur, peut être égal au vôtre !

Comme le ciel envoie ici, sans y songer,

Cette honnête personne exprès pour m' obliger !

ÉRASTE

Je ne garantis point sa science profonde ; Vous savez que ces gens, venus du bout du monde, Pour tout genre de maux apportent des trésors : C'est beaucoup s'ils n'ont pas ressuscité des morts. Mais si l'on peut juger de tout ce qu'il peut faire Par tout ce qu'il m'a dit, cet homme est votre affaire Il ne veut que la fin du jour pour tout délai. Si vous le souhaitez, vous en ferez l'essai. D'un office d'ami simplement je m'acquitte.

ALBERT

Je suis persuadé, monsieur, de son mérite. Nous voyons tous les jours de ces sortes de gens Apprendre, en voyageant, des secrets surprenants.

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