SCÈNE II LA COMTESSE, ANGÉLIQUE, NÉRINE
On dit partout, ma sœur, qu'un peu moins prévenue. Vous épousez Dorante ?
ANGÉLIQUE
Oui, j'y suis résolue.
LA COMTESSE
Mon cœur en est ravi. Valère est un vrai fou, Qui jouerait votre bien jusques au dernier sou.
ANGÉLIQUE
D'accord.
LA COMTESSE
J'aime à vous voir vaincre votre tendresse. Cet amour, entre nous, était une faiblesse. Il faut se dégager de ces attachements Que la raison condamne, et qui flattent nos sens.
ANGÉLIQUE
Il est vrai.
LA COMTESSE
Rien n'est plus à craindre, dans la vie, Qu'un époux qui du jeu ressent la tyrannie. J'aimerais mieux qu'il fût gueux, avaricieux. Coquet, fâcheux, mal fait, brutal, capricieux. Ivrogne, sans esprit, débauché, sot, colère. Que d'être un emporté joueur comme est Valère.
ANGÉLIQUE
Je sais que ce défaut est le plus grand de tous.
LA COMTESSE
Vous ne voulez donc plus en faire votre époux ?