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SCÈNE PREMIÈRE LE CHEVALIER, VALENTIN

VALENTIN

Votre frère est trouvé, mais ce n'est pas sans peine ;

Vous m'en voyez, monsieur, encor tout hors d'haleine.

J'avais couru Paris de l'un à l'autre bout.

Au coche, au messager, à la poste, et partout ;

Et je vous avertis que je n'ai passé rue

Où quelque créancier ne m'ait choqué la vue ;

J'ai même rencontré ce Gascon, ce marquis,

A qui, depuis un an, nous devons cent louis...

J'ai honte de devoir si longtemps cette somme : Il me l'a, tu le sais, prêtée en galant homme ; Et, du premier argent que je pourrai toucher. De m'acquitter vers lui rien ne peut m'empêcher.

VALENTIN

Tant mieux. Ne sachant plus enfin quel parti prendre,

A la douane encor j'ai bien voulu me rendre :

Là, j'ai vu votre frère au milieu des commis,

Qui s'emportait contre eux du quiproquo commis.

Je l'ai connu de loin ; et cette ressemblance,

Dont vous m'avez parlé, passe toute croyance :

Le visage et les traits, l'air et le ton de voix.

Ce n'est qu'un ; je m'y suis trompé plus d'ime fois.

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