SCÈNE II
MÉNECHME, en demi; VALENTIN.
VALENTIN
A la fin vous voilà, monsieur. Depuis longtemps. Pour tenir ma parole, ici je vous attends.
Oui vraiment me voilà ; mais j'ai cm, de ma vie,
Ne pouvoir arriver à votre hôtellerie.
Quel pays ! quel enfer ! J'ai fait cent mUle tours ;
Je n'ai jamais couru tant de risque en mes jours.
On ne peut faire un pas que l'on ne trouve un piège :
Partout quelque filou m'investit et m'assiège.
Là, l'épée à la main, des archers malfaisants,
Conduisant leur capture, insultent les passants.
Un fiacre, me couvrant d'un déluge de boue.
Contre le mur voisin m'écrase de sa roue ;
Et, voulant me sauver, des porteurs inhumains
De leur maudit bâton me donnent dans les reins.
Quel bruit confus ! quels cris ! Je crois qu'en cette ville
Le diable a pour jamais élu son domicile.
VALENTIN
Oh ! Paris est un lieu de tumulte et d'éclat.
Comment ! j'aimerais mieux cent fois être au sabbat. Un bois plein de voleurs est plus sûr. Ma valise, Contre la foi publique, en arrivant, m'est prise ; On la change en une autre, où ce qui fut dedans, A le bien estimer, ne vaut pas quinze francs ; Des billets doux de femme y sont pour toutes hardes.
VALENTIN
Il faut en ce pays être un peu sur ses gardes.