ACTE II — SCÈNE II
IVIÉNECHME.
Je ne le vois que trop. Suffit, ce coup de main Me rendra désormais plus alerte et plus fin. Heureusement encor, laissant ma malle au coche, J'ai mis fort prudemment mon argent dans ma poche.
VALENTIN
En toute occasion on voit les gens d'esprit. Je vous ai, dans ce lieu, fait préparer un lit. Dans un appartement fort propre et fort tranquille. Comptez- vous de rester longtemps en cette ville ?
Le moins que je pourrai ; je n'ai pas trop sujet De me louer fort d'elle, et d'être satisfait. Je viens m'y marier.
C'est pourtant une affaire Que l'on ne conclut pas en un jour, d'ordinaire.
y-y viens pour prendre aussi soixante mille écus Qu'un oncle que j'avais, et qu'enfin je n'ai plus, Attendu qu'il est mort, par grâce singulière. M'a laissé depuis peu, comme à son légataire.
VALENTIN
Tout est-il pour vous seul, monsieur ?
Assurément.
La guerre m'a défait d'un frère heureusement. Depuis près de vingt ans, à la fleur de son âge. Il a de l'autre monde entrepris le voyage. Et n'est point revenu.
VALENTIN
Le ciel lui fasse paix.
Et dans tous vos desseins vous donne un plein succès ! Si vous avez besoin de mon petit service. Vous pouvez m' employer, monsieur, à tout office : Je connais tout Paris, et je suis toujours prêt A servir mes amis sans aucun intérêt.
Ne sauriez-vous me dire où loge un certain homme, Un honnête bourgeois, que Démophon l'on nomme ?
VALENTIN
Justement ; c'est ainsi qu'il a nom.
VALENTIN
Qui peut vous enseigner mieux que moi sa maison ? Nous irons. Avez- vous avec lui quelque affaire ?
Oui. Sauriez-vous encore où demeure un notaire Qu'on nomme Robertin ?
VALENTIN
Ah ! vraiment, je le croi ; Vous ne pouviez pas mieux vous adresser qu'à moi : Il est de mes amis, et nous irons ensemble.