‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 216 sur 345 · ACTE II — SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE II — SCÈNE III

FINETTE, à Valentir..

Que diantre fais-tu là, planté comme un piquet ? Le dîner se morfond ; ma maîtresse s'ennuie.

Apercevant Ménechme qu'elle prend pour le chevalier.

Ah ! vous voilà, monsieur ! vraiment j'en suis ravie !

Et pourquoi donc ?

J'allais, au-devant de vos pas.

Voir qui peut empêcher que vous ne venez pas : Ma maîtresse ne peut en deviner la cause. Mais qu'est-ce donc, monsieur ? quelle métamorphose ? Pourquoi cet habit noir et ce lugubre accueil ? En peu de temps, vraiment, vous avez pris le deuil. Faut-il, pour un dîner, s'habiller de la sorte ? Vous venez d'un convoi, monsieur ?

Que vous importe ?

Je suis comme il me plaît.

A part, à Valentin.

Les filles en ces lieux Ont l'abord familier, et l'esprit curieux.

VALENTIN, bas à Ménechme.

C'est l'humeur du pays ; et, sans beaucoup d'instance. Avec les étrangers elles font coimaissance.

FINETTE

Mon zèle de ces soins ne peut se dispenser : A ce qui vous survient je dois m'intéresser. Ma maîtresse a pour vous une tendresse extrême. Et je dois l'imiter.

Votre maîtresse m'aime ?

FINETTE

Ne le savez- vous pas ?

Je veux être pendu Si, jusqu'à ce moment, j'en ai jamais rien su.

FINETTE

Vous en avez pourtant déjà fait quelque épreuve ; Et si vous en voulez de plus solide preuve, Quand vous souhaiterez, vous serez son époux.

Je serai son époux ?

FINETTE

Oui vraiment.

Oui ? moi ?

FINETTE

Vous.

Vous n'avez pas, je crois, d'autre dessein en tête.

La proposition est, ma foi, fort honnête !

A part, à Valentin.

Voilà, sur ma parole, une agente d'amour. VALENTIN, bas à Ménecbme.

Elle en a bien la mine.

FINETTE

Avant votre retour.

Mille amants sont venus s'offrir à ma maîtresse ; Mais Ménechme est le seul qui flatte sa tendresse.

D'où savez-vous mon nom ?

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