ACTE II — SCÈNE V
C'est pour les terminer que l'on me voit ici,
Et non pas pour dîner avec des créatures
Qui viennent comme vous chercher des aventures.
ARAMINTE
Des créatures ! Ciel ! quels termes sont-ce là ?
FINETTE
Des créatures ! nous ! Ah ! madame, voilà
Les deux plus grands fripons. . . Si vous m' en voulez croire,
Frottons-les comme il faut, pour venger notre gloire.
Doucement, s'il vous plaît ; modérez votre ardeur.
FINETTE
Je ne me suis jamais senti tant de vigueur. J'aurai soin du valet ; n'épargnez pas le maître.
VALENTIN, se sauvant.
De tout ce différend je ne veux rien connaître ; Et je ne prétends point me battre contre toi. Si l'on vous brutalise, est-ce ma faute à moi ?
ARAMINTE
Que je suis malheureuse ! et quelle est ma faiblesse D'avoir à cet ingrat déclaré ma tendresse ? Finette, tu le sais ; rien ne te fut caché.
Perfide ! scélérat ! ton cœur n'est point touché ?
Là, là, consolez- vous. Si cet amour extrême Est venu promptement, il passera de même.
ARAMINTE
Va, n'attends plus de moi que haine et que rigueurs.
Elle s'en va.
Bon ! je me passerai fort bien de vos faveurs.