ACTE III — SCÈNE I
LE CHEVALIER
Le notaire à ces traits s'est déjà laissé prendre :
Il m'a reçu d'abord d'un accueil obligeant ;
Et dans une heure il doit me compter mon argent.
VALENTIN
Quoi ! monsieur, il vous doit compter toute la somme, Soixante mille écus ?
Tout autant.
VALENTIN
L'honnête homme !
D'autres à ce jumeau se sont déjà mépris : Pour vous, en ce lieu même, Araminte l'a pris, Et chez elle à dîner a voulu l'introduire. Lui, surpris, interdit, et ne sachant que dire, Croyant qu'elle tendait un piège à sa vertu. L'a brusquement traitée ; il s'est presque battu ; Et, si je n'avais pas apaisé la querelle, Il serait arrivé m.ort d'homme ou de femeUe.
LE CHEVALIER
Mais n'a-t-il point sur moi quelques soupçons naissants ?
VALENTIN
Quel soupçon voulez-vous qu'il ait ? Depuis vingt ans Il vous croit trop bien mort ; et jamais, quoi qu'on ose, Il ne peut du vrai fait imaginer la cause.
LE CHEVALIER
L'aventure est plaisante, et j'en ris à mon tour. Mais voyons le beau-père,^ et servons notre amour. Heurte vite.
Valentin va frapper à la porte de Démophon, qui sort.