‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 237 sur 345 · ACTE III — SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE III — SCÈNE VIII

La guerre me ferait d'ailleurs assez d'envie,

Si des gens bien versés en l'art d'astrologie

Ne m'avaient assuré que je vivrai cent ans :

Or, comme les guerriers vont peu jusqu'à ce temps.

Quoique mon nom fameux pût voler dans l'Europe,

Je veux, si je le puis, remplir mon horoscope.

Oh ! j'aime à vivre, moi.

VALENTIN

Vous êtes de bon sens.

ISABELLE, bas.

Quel discours ! quel travers ! Est-ce lui que j'entends ?

Qu'avez-vous, s'il vous plaît ? Vous paraissez surprise.

Comme si je disais ici quelque sottise.

Vous avez bien la mine, et soit dit entre nous,

De faire peu de cas des leçons d'un époux.

ISABELLE

Je sais à quel devoir l'état de femme engage.

Jusqu'ici je vous crois et vertueuse et sage ; Cependant ce regard amoureux et fripon Pour le temps à venir ne me dit rien de bon : J'en tire un argument, sans être philosophe. Que vous me réservez à quelque catastrophe. Plaît-il ? qu'en dites-vous ?

DÉMOPHON

Monsieur, ne craignez rien ; Isabelle toujours doit se porter au bien.

ISABELLE

Ciel ! peut-on me tenir de tels discours en face ? Mon père, permettez que je quitte la place : 12 a

Monsieur me flatte trop ; ses tendres compliments Me font connaître assez quels sont ses sentiments. Elle sort.

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