SCÈNE PREMIÈRE ARAMINTE, FINETTE
FINETTE
Je VOUS dis vrai, madame ; et je ne saurais croire Que l'on puisse trouver une âme encor si noire. Lorsque je l'ai pressé de rendre le portrait, Il a voulu me battre, et l'aurait, je crois, fait, Si son valet, plus doux, n'eût écarté l'orage. Ah ! madame, armez- vous d'un généreux courage. Poursuivez votre pointe, et faites bien valoir Les droits que la raison met en votre pouvoir. Vous avez sa promesse, il faut qu'il l'accomplisse.
ARAMINTE
Si je ne le fais pas, que le ciel me punisse.
FINETTE
Il n'est plus ici-bas de foi, de probité,
Plus de loi, plus d'honneur, plus de sincérité.
Les filles, en ce temps, si souvent attrapées,
Sur la foi des serments avaient été trompées ;
Et, voulant mettre un frein au dégoût des amants,
Se faisaient d'un écrit confirmer les serments :
Mais que leur sert d'user de cette prévoyance.
Si les écrits trompeurs n'ont pas plus de puissance ?