ACTE V — SCÈNE II
ISABELLE
Ouï, sans doute, ma tante.
J'entends bien.
ARAMINTE
Sans mentir, vous êtes fort plaisante De vouloir m'enlever un cœur comme le sien. Et vous approprier si hardiment mon bien ! Un procédé pareil est sot et mallionnête.
ISABELLE
Qui pourrait de vos mains ravir une conquête ? Quand on est une fois frappé de vos attraits, Vos yeux vous sont garants qu'on ne change jamais. Ce sont ces yeux charmants qui les volent aux autres.
ARAMINTE
Mes yeux sont, pour le moins, aussi beaux que les vôtres Et, lorsque nous voudrons les employer tous deux. On verra qui de nous y réussira mieux.
DÉMOPHON
Oh ! je suis à la fin bien las de vous entendre.