‹ Chefs-d'œuvre dramatiquesChapitre 263 sur 345 · ACTE V — SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE V — SCÈNE III

FINETTE, à Ménechme.

Vous, qui pour nous jadis eûtes tant de tendresse, \'errez-vous dans mes bras expirer ma maîtresse ? Cette pauvre innocente a-t-elle mérité Qu'on payât son amour de tant de cruauté ?

Qu'elle expire en tes bras, que le diable l'emporte. Et te puisse avec elle entraîner, que m'importe ? Déjà, pour mon repos, il devrait l'avoir fait.

ARAMINTE

Perfide ! je me veux venger de ton forfait. J'ai ta promesse en main, voilà ta signature : Je puis, par ce témoin, confondre l'imposture. Démophon prend la promesse.

MÉNECHME, à Démophon.

EUe est folle à tel point qu'on ne peut l'exprimer : Travaillez au plus tôt à la faire enfermer.

DÉMOPHON, lui montrant la promesse.

Mais voilà votre nom « Ménechme ».

Bas.

En confidence, Avez-vous avec eUe eu quelque intelligence ? C'est ma sœur, et je puis assoupir tout cela.

MÉNECHME, à part à Démophon.

Moi ! si j'ai jamais vu ces deux friponnes-là ! (Pardonnez-moi le mot ; c'est votre sœur, n'importe !) Je veux bien à vos yeux, et devant que je sorte, Que Satan... Lucifer...

DÉMOPHON, à part à Ménechme.

Je vous crois sans jurer.

Cette femme a fait vœu de me désespérer.

A Araminte.

Esprit, démon, lutin, ombre, femme, ou furie, Qui que tu sois enfin, laisse-moi, je te prie.

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