ACTE II — SCÈNE V
Mon neveu.
Que dis-tu de cela ?
ÉRASTE
Je m'en étonne peu.
Mais, sans vous arrêter à cet écrit frivole. Il faut les obliger à tenir leur parole.
GÉRONTE
Je me garderai bien de suivre ton avis ;
Et d'un plaisir soudain tous mes sens sont ravis.
Je ne sais pas comment, ennemi de moi-même.
Je me précipitais dans ce péril extrême :
Un sort à cet hymen m'entraînait malgré moi,
Et point du tout l'amour.
LISETTE
Sans jurer, je le croi.
Que diantre voulez-vous que l'amour aille faire Dans un corps moribond, à ses feux si contraire ? Ira-t-il se loger avec des fluxions, Des catarrhes, des toux, et des obstructions ?
GÉRONTE, au laquais de madame Argante.
Attends un peu là-bas, et que rien ne te presse ; Je vais faire, à l'instant, réponse à ta maîtresse.
Le laquais de madame Argante sort.