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SCÈNE IV ÉRASTE, GÉRONTE, LISETTE

GÉRONTE

Tu te fais bien attendre !

Tu m'as abandonné dans un grand embarras. Un malheureux neveu m'est tombé sur les bras.

ÉRASTE

Il vient de m'accoster là-bas tout hors d'haleine ^, Et m'a dit en deux mots le sujet qui l'amène.

1 Ce vers et les trois suivants devraient être supprimés, pour fonder la surprise d'Éraste, à la neuvième scène, en reconnaissant Crispin.

46o LE LÉGATAIRE UNIVERSEL

GÉRONTE

Que dis-tu de ses airs ?

Je les trouve étonnants.

Il peste, il jure, il veut mettre le feu céans.

GÉRONTE

J'aurais bien eu besoin ici de ta présence, Pour réprimer l'excès de son impertinence ; Lisette en est témoin.

LISETTE

Ah ! le mauvais pendard, A qui monsieur voulait de son bien faire part !

GÉRONTE

J'ai bien changé d'avis : je te donne parole

Qu'il n'aura de mon bien jamais la moindre obole.

ÉRASTE

Je me suis acquitté de ma commission.

Et tout s'est fait au gré de notre intention. Votre lettre a produit un effet qui m'enchante. On a montré d'abord une âme indifférente ; D'un faux air de mépris voulant couvrir leur jeu. Elles me paraissaient s'en soucier fort peu : Mais quand je leur ai dit que vous vouliez me faire Aujourd'hui de vos biens unique légataire, (Car vous m'avez prescrit de parler sur ce ton...)

GÉRONTE

Oui, je te l'ai promis ; c'est mon intention.

ÉRASTE

Elles ont toutes deux témoigné des surprises Dont elles ne seront de six mois bien remises.

GÉRONTE

J'en suis persuadé.

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