M. SCRUPULE, GÉRONTE, ÉRASTE, LISETTE, CRISPIN
LISETTE
Mais j'aperçois quelqu'un.
Bas à Crispin.
C'est un des deux notaires.
GÉRONTE
Bonjour, monsieur Scrupule.
CRISPIX, à part.
Ah ! me voilà perdu !
GÉRONTE
Ici depuis longtemps vous êtes attendu.
M. SCRUPULE
Certes, je suis ravi, monsieur, qu'en moins d'une heure
Vous jouissiez déjà d'une santé meilleure.
Je savais bien qu'ayant fait votre testament.
Vous sentiriez bientôt quelque soulagement.
Le corps se porte mieux lorsque l'esprit se trouve
Dans un parfait repos.
GÉRONTE
Tous les jours je l'éprouve.
M. SCRUPULE
Voici donc le papier que, selon vos desseins. Je vous avais promis de remettre en vos mains.
GÉRONTE
Quel papier, s'il vous plaît ? pourquoi ? pour quelle affaire ?
M. SCRUPULE
C'est votre testament que vous venez de faire.
GÉRONTE
J'ai fait mon testament !
M. SCRUPULE
Oui, sans doute, monsieur.
LISETTE, bas.
Crispin, le cœur me bat.
CRISPIN, bas.
Je frissonne de peur.
GÉRONTE
Eh ! parbleu, vous rêvez, monsieur : c'est pour le faire Que j'ai besoin ici de votre ministère.
M. SCRUPULE
Je ne rêve, monsieur, en aucune façon ; Vous nous l'avez dicté plein de sens et raison. Le repentir sitôt saisirait-il votre âme ? Mons-ieur était présent, aussi bien que madame. Ils peuvent là-dessus dire ce qu'ils ont vu.
ÉRASTE, bas.
Que dire ?
LISETTE, bas.
Juste ciel !
CRISPIX, bas.
Me voilà confondu !